Toute discussion sérieuse sur le minage commence par une grandeur que l'on peut mesurer : la puissance appelée. Une machine de minage récente de classe professionnelle appelle de l'ordre de 3 000 watts, en continu, sans pause nocturne ni week-end. À partir de ce seul chiffre, tout le reste se déduit par arithmétique — et c'est précisément ce que ce dossier déroule, poste par poste.
La puissance affichée n'est pas la puissance soutirée
La fiche technique d'un équipement annonce une puissance nominale, mesurée en conditions idéales. Au mur, la réalité est presque toujours supérieure : l'alimentation convertit le courant alternatif en courant continu avec un rendement de l'ordre de 90 à 95 %, ce qui ajoute 5 à 10 % de pertes, et la ventilation du local — indispensable dès que plusieurs kilowatts se dissipent dans une pièce — soutire ses propres watts. En pratique, on retient une majoration de 10 à 15 % entre le chiffre du constructeur et le chiffre du compteur.
Du watt au kilowattheure : une règle de trois
Le kilowattheure, unité de la facture, est simplement une puissance multipliée par une durée. Le calcul tient en trois lignes :
- 3 kW × 24 h = 72 kWh par jour ;
- 72 kWh × 365 = environ 26 300 kWh par an ;
- avec 12 % de pertes annexes : près de 29 500 kWh par an réellement soutirés.
Pour situer l'ordre de grandeur : un foyer français consomme de l'ordre de 4 000 à 5 000 kWh d'électricité par an, chauffage électrique mis à part. Une seule machine en continu représente donc l'équivalent de cinq à six foyers. Ce rapport, plus que tout discours, explique pourquoi la question énergétique domine le sujet.
Les postes annexes que l'on oublie
La machine n'est jamais seule à consommer. Trois postes s'ajoutent systématiquement, et un calcul honnête les compte :
La ventilation. Extraire 3 kW thermiques d'un local fermé demande un renouvellement d'air permanent ; un extracteur correctement dimensionné appelle quelques dizaines de watts en continu, davantage l'été. Les équipements réseau. Box, commutateur, éventuel serveur de supervision : 20 à 50 W permanents, soit tout de même 175 à 440 kWh par an — le talon de consommation d'un petit logement. Le refroidissement actif. Si le local est climatisé, chaque kilowattheure de chaleur évacué coûte un supplément d'électricité, typiquement 25 à 40 % de la chaleur déplacée selon l'efficacité de la climatisation. C'est le poste qui fait le plus dériver les estimations optimistes.
Mesurer réellement, chez soi
L'estimation théorique se vérifie en une journée. Un wattmètre de prise, pour quelques dizaines d'euros, donne la puissance appelée instantanée et le cumul en kWh. À défaut, le compteur communicant fournit la courbe de charge à la demi-heure : il suffit de comparer une journée machine allumée et une journée machine éteinte pour isoler sa part exacte. La différence entre les deux relevés, ramenée à l'année, est la seule donnée qui mérite d'entrer dans un calcul de coût — pas le chiffre de la fiche technique.
À l'échelle du réseau
Multipliée par des millions de machines, cette arithmétique change d'unité. Les estimations académiques les plus citées situent la consommation annuelle du principal réseau en preuve de travail entre 100 et 150 TWh — une fourchette large, car elle se déduit de la puissance de calcul totale et d'hypothèses sur le parc de machines, mais dont l'ordre de grandeur est celui de la consommation électrique d'un pays de taille moyenne. Retenez la méthode plus que le chiffre : au niveau du réseau comme au niveau de la prise, tout se ramène à une puissance multipliée par des heures.
Une fois les kilowattheures posés, la question suivante est leur prix — et c'est là que le calcul devient vraiment discriminant.